•    Dieu appelle à la vie consacrée parfois très tôt, et son dessein pour une personne est déjà dessiné dans l'âme dès l'enfance, avant même l'âge de raison certaines fois. Thérèse a discerné sa vocation assez tôt dans sa courte vie terrestre, et fait part de cette découverte à Mère Agnès, sa soeur Pauline, dans le Manuscrit A. C'est à l'âge de 9 ans qu'elle connaît avec certitude sa vocation comme future carmélite, et elle choisira même son nom de carmélite. C'est lors d'une conversation avec sa soeur Pauline, qui va bientôt entrer au Carmel, que Thérèse prendra conscience de cet appel à entrer elle aussi au Carmel. Par la suite, vous verrez que l'Esprit Saint ne souffle pas seulement le désir de la vie religieuse, mais aussi, dans ce cas-ci qui nous intéresse, le nom de "Thérèse de l'Enfant Jésus".

       Je me souviendrai toujours, Mère chérie, avec quelle tendresse vous m'avez consolée... Puis vous m'avez expliqué la vie du Carmel qui sembla bien belle, en repassant dans mon esprit tout ce que vous m'aviez dit, je sentis que le Carmel était le désert où le Bon Dieu voulait que j'aille aussi me cacher... Je le sentis avec tant de force qu'il n'y eut pas le moindre doute dans mon coeur, ce n'était pas un rêve d'enfant qui se laisse entraîner, mais la certitude d'un appel Divin; je voulais aller au Carmel non pour Pauline mais pour Jésus seul... Je pensai beaucoup de choses que les paroles ne peuvent rendre, mais qui laissèrent une grande paix dans mon âme.

       Le lendemain je confiai mon secret à Pauline qui regardant mes désirs comme la volonté du Ciel, me dit que bientôt j'irais avec elle voir la Mère Prieure du Carmel et qu'il faudrait lui dire ce que le Bon Dieu me faisait sentir... [...]

    (Manuscrit "A" 26 ro)

      

       Ayant entendu mes grandes confidences cette bonne Mère crut à ma vocation, mais elle me dit qu'on ne recevait pas de postulantes de 9 ans et qu'il faudrait attendre mes 16 ans... Je me résignai malgré mon vif désir d'entrer le plus tôt possible et de faire ma 1re Communion le jour de la prise d'Habit de Pauline... [...]

    (Manuscrit "A" 26 vo)

      

       En parlant de visite aux carmélites je me souviens de la première, qui eut lieu peu de temps après l'entrée de Pauline, j'ai oublié d'en parler plus haut mais il est un détail que je ne dois pas omettre. Le matin du jour où je devais aller au parloir, réfléchissant toute seule dans mon lit (car c'était là que je faisais mes plus profondes oraisons et contrairement à l'épouse des cantiques j'y trouvais toujours mon Bien-Aimé), je me demandai quel nom j'aurais au Carmel, je savais qu'il y avait une Sr Thérèse de Jésus, cependant mon beau nom de Thérèse ne pouvait pas m'être enlevé. Tout à coup je pensai au Petit Jésus que j'aimais tant et je me dis : « Oh ! que je serais heureuse de m'appeler Thérèse de l'Enfant Jésus ! » Je ne dis rien au parloir du rêve que j'avais fait toute éveillée, mais cette bonne Mère M. de Gonzague demandant aux Soeurs quel nom il faudrait me donner, il lui vint à la pensée de m'appeler du nom que j'avais rêvé... Ma joie fut grande et cette heureuse rencontre de pensées me sembla une délicatesse de mon Bien-Aimé Petit Jésus.

    (Manuscrit "A" 31 ro-vo)

       En cette Année de la Vie consacrée, pensons à prier Dieu pour qu'Il envoie son Esprit Saint dans le coeur de chacun, spécialement dans l'âme de tous les petits enfants, afin qu'Il suscite en eux le désir de se consacrer à Lui et pour Lui seul. Qu'Il suscite en eux le désir du sacerdoce, du diaconat, du célibat consacré dans des communautés nouvelles ou déjà existantes, apostoliques et/ou contemplatives. Qu'Il embrase du feu de son Amour tous les gens mariés ou futurs mariés, afin qu'ils vivent de véritable charité chrétienne dans leur foyer, et rayonnent, par leur exemple, de la présence du Christ dans la famille et autour d'eux. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, intercède pour nous auprès du Père. Amen

     


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  • Aimer c'est tout donner

    Refrain
    Aimer c'est tout donner, (x3)
    Et se donner soi-même.

    1
    Quand je parlerais, les langues des hommes et des anges,
    Si je n'ai pas l'amour, je suis comme l'airain qui sonne
    Ou la cymbale qui retentit.

    2
    Si je prophétisais et connaissais tous les mystères,
    Si j'avais la foi à transporter les montagnes,
    Sans l'amour je ne suis rien.

    3
    Quand je distribuerais ce que je possède en aumônes,
    Et si je livrais mon corps à brûler dans les flammes,
    Cela ne me sert de rien.

    (Paroles du refrain de Sainte Thérèse de Lisieux, couplets de 1 Co 13)





    soeur 

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  • Souvenirs du 24 février 1896

    En ce 24 février de l'an 1896, Céline Martin entre au Carmel de Lisieux et prendra le nom de soeur Geneviève de Sainte Thérèse. Vous avez ci-dessous le lien de la lettre 182(LT 182) que Thérèse écrivit pour sa soeur le 23 février 1896. Vous trouverez cette lettre dans les archives du Carmel de Lisieux.

    LT 182 - A soeur Geneviève.

     

    Voici maintenant la charmante poésie que Thérèse écrivit pour ce 24 février 1896 :

     

    Souvenir du 24 février 1896

     O souvenir ineffable
    Du beau jour entre les jours
    Ta douceur incomparable
    Je la garderai toujours...

    A Jésus je suis unie
    Par les liens de l'Amour
    Et sa Grandeur infinie
    En moi fixe son séjour.

    Oh ! quelle inexprimable ivresse
    Je sens palpiter en moi
    Le coeur brûlant de tendresse
    De mon Epoux, de mon Roi.

    L'exil, je souffre sans peine
    Vivant avec mon Epoux...
    Elle est bien douce la chaîne
    Qui m'unit au Dieu Jaloux !...

    O Divine Jalousie,
    Vous avez blessé mon coeur !...
    Vous serez toute ma vie
    Mon repos et mon bonheur.

    Daignez consumer tout mon être
    Jésus seul doit vivre en moi
    Désormais je ne veux être
    Que le voile de mon Roi !...

    (PN 27 - Thérèse de l'Enfant Jésus de la Ste Face
    à sa soeur mille fois chérie.)

     

     

     

     


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  • Les Répons de Ste Agnès


    Le Christ est mon Amour, Il est toute ma vie,
    Il est le Fiancé qui seul ravit mes yeux
    Aussi j'entends déjà de sa douce harmonie
    Les sons mélodieux.
     
    Il a paré ma main de perles sans pareilles,
    Il a paré mon cou de colliers d'un grand prix
    Les riches diamants qu'on voit à mes oreilles
    Sont un présent du Christ.
     
    Il m'a tout parée de pierres précieuses,
    Déjà brille à mon doigt son anneau nuptial.
    Il a daigné couvrir de perles lumineuses
    Mon manteau virginal.
     
    Je suis la fiancée de Celui que les anges
    Serviront en tremblant toute l'éternité.
    La lune et le soleil racontent ses louanges
    Admirent sa beauté.
     
    Son empire est le Ciel, sa nature est divine ;
    La Vierge Immaculée pour Mère Il se choisit,
    Son Père est le vrai Dieu qui n'a pas d'origine,
    Il est un pur Esprit.....
     
    Lorsque j'aime le Christ et lorsque je le touche
    Mon coeur devient plus pur, je suis plus chaste encor.
    De la virginité le baiser de sa bouche
    M'a donné le trésor.
     
    Il a déjà posé son signe sur ma face
    Afin que nul amant ne puisse approcher de moi
    Je me sens soutenue par la divine grâce
    De mon Aimable Roi.
     
    De son sang précieux mes joues sont colorées
    Je crois goûter déjà les délices du Ciel
    Car je puis recueillir sur ses lèvres sacrées
    Et le lait et le miel.
     
    Aussi je ne crains rien, ni le fer ni la flamme
    Non, rien ne peut troubler mon ineffable paix
    Et le feu de l'amour qui consume mon âme
    Ne s'éteindra jamais !.....
    (Thérèse de Lisieux, PN 26 - Février 1896)
     
    Poésie composée par Thérèse en l'honneur de sainte Agnès(ou Agnès de Rome), vierge et martyre du début du IVe siècle(vers l'an 303), et fêtée le 21 janvier.
     

    Les Répons de Ste Agnès


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  • Vivre d'Amour !...

    Au soir d'Amour, parlant sans parabole
    Jésus disait : « Si quelqu'un veut m'aimer
    « Toute sa vie qu'il garde ma Parole
    « Mon Père et moi viendrons le visiter
    « Et de son coeur faisant notre demeure
    « Venant à lui, nous l'aimerons toujours !...
    « Rempli de paix, nous voulons qu'il demeure
              « En notre Amour !... »

    Vivre d'Amour, c'est te garder Toi-Même
    Verbe incréé, Parole de mon Dieu,
    Ah ! tu le sais, Divin Jésus, je t'aime
    L'Esprit d'Amour m'embrase de son feu
    C'est en t'aimant que j'attire le Père
    Mon faible coeur le garde sans retour.
    Ô Trinité, vous êtes Prisonnière
              De mon Amour !....

    Vivre d'Amour, c'est vivre de ta vie,
    Roi glorieux, délice des élus.
    Tu vis pour moi, caché dans une hostie
    Je veux pour toi me cacher, ô Jésus !
    A des amants, il faut la solitude
    Un coeur à coeur qui dure nuit et jour
    Ton seul regard fait ma béatitude
              Je vis d'Amour !...

    Vivre d'Amour, ce n'est pas sur la terre
    Fixer sa tente au sommet du Thabor.
    Avec Jésus, c'est gravir le Calvaire,
    C'est regarder la Croix comme un trésor !...
    Au Ciel je dois vivre de jouissance
    Alors l'épreuve aura fui pour toujours
    Mais exilée je veux dans la souffrance
              Vivre d'Amour.

    Vivre d'Amour, c'est donner sans mesure
    Sans réclamer de salaire ici-bas
    Ah ! sans compter je donne étant bien sûre
    Que lorsqu'on aime, on ne calcule pas !...
    Au Coeur Divin, débordant de tendresse
    J'ai tout donné... légèrement je cours
    Je n'ai plus rien que ma seule richesse
              Vivre d'Amour.

    Vivre d'Amour, c'est bannir toute crainte
    Tout souvenir des fautes du passé.
    De mes péchés je ne vois nulle empreinte,
    En un instant l'amour a tout brûlé.....
    Flamme divine, ô très douce Fournaise !
    En ton foyer je fixe mon séjour
    C'est en tes feux que je chante à mon aise :
              « Je vis d'Amour !... »

    Vivre d'Amour, c'est garder en soi-même
    Un grand trésor en un vase mortel
    Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême
    Ah je suis loin d'être un ange du ciel !...
    Mais si je tombe à chaque heure qui passe
    Me relevant tu viens à mon secours,
    A chaque instant tu me donnes ta grâce
              Je vis d'Amour.

    Vivre d'Amour, c'est naviguer sans cesse
    Semant la paix, la joie dans tous les coeurs
    Pilote Aimé, la Charité me presse
    Car je te vois dans les âmes mes soeurs
    La Charité voilà ma seule étoile
    A sa clarté je vogue sans détour
    J'ai ma devise écrite sur ma voile :
              « Vivre d'Amour. »

    Vivre d'Amour, lorsque Jésus sommeille
    C'est le repos sur les flots orageux
    Oh ! ne crains pas, Seigneur, que je t'éveille
    J'attends en paix le rivage des cieux....
    La Foi bientôt déchirera son voile
    Mon Espérance est de te voir un jour
    La Charité enfle et pousse ma voile
              Je vis d'Amour !...

    Vivre d'Amour, c'est, ô mon Divin Maître
    Te supplier de répandre tes Feux
    En l'âme sainte et sacrée de ton Prêtre
    Qu'il soit plus pur qu'un séraphin des cieux !...
    Ah ! glorifie ton Église Immortelle
    A mes soupirs, Jésus, ne sois pas sourd
    Moi son enfant, je m'immole pour elle
              Je vis d'Amour.

    Vivre d'Amour, c'est essuyer ta Face
    C'est obtenir des pécheurs le pardon
    Ô Dieu d'Amour ! qu'ils rentrent dans ta grâce
    Et qu'à jamais ils bénissent ton Nom.....
    Jusqu'à mon coeur retentit le blasphème
    Pour l'effacer, je veux chanter toujours
    « Ton Nom Sacré, je l'adore et je l'Aime
              Je vis d'Amour !... »

    Vivre d'Amour, c'est imiter Marie,
    Baignant de pleurs, de parfums précieux,
    Tes pieds divins, qu'elle baise ravie
    Les essuyant avec ses longs cheveux...
    Puis se levant, elle brise le vase
    Ton Doux Visage elle embaume à son tour.
    Moi, le parfum dont j'embaume ta Face
              C'est mon Amour !...

    « Vivre d'Amour, quelle étrange folie ! »
    Me dit le monde, « Ah ! cessez de chanter,
    « Ne perdez pas vos parfums, votre vie,
    « Utilement sachez les employer !... »
    T'aimer, Jésus, quelle perte féconde !...
    Tous mes parfums sont à toi sans retour,
    Je veux chanter en sortant de ce monde :
              « Je meurs d'Amour ! »

    Mourir d'Amour, c'est un bien doux martyre
    Et c'est celui que je voudrais souffrir.
    Ô Chérubins ! accordez votre lyre,
    Car je le sens, mon exil va finir !....
    Flamme d'Amour, consume-moi sans trêve
    Vie d'un instant, ton fardeau m'est bien lourd !
    Divin Jésus, réalise mon rêve :
              Mourir d'Amour !...

    Mourir d'Amour, voilà mon espérance
    Quand je verrai se briser mes liens
    Mon Dieu sera ma Grande Récompense
    Je ne veux point posséder d'autres biens.
    De son Amour je veux être embrasée
    Je veux Le Voir, m'unir à Lui toujours
    Voilà mon Ciel.... voilà ma destinée :
              Vivre d'Amour !!!.....

    (Thérèse de Lisieux, 26 février 1895)
     

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